Triple C

Trending Topic / Tendances sur Twitter… de quoi parle-t-on au juste ?

Chaque support a ses classements. 

Quand vous vous connectez sur le réseau : Twitter vous demande « quoi de neuf ? » là où Facebook vous encourage à vous exprimer. La différence peut sembler minime mais ne l’est pas. En effet sur Twitter l’important c’est ce qui se passe ici et maintenant

Sur la gauche de votre flux vous verrez apparaitre une liste de mots clés et de hashtags mis en avant. Ils sont appelés « tendances » et montrent ce qui retentit sur le réseau.

Mais comment sont-ils choisis par l’algorithme ?

trending-at-eventsDéjà commençons par une observation simple mais cruelle : la règle de l’algorithme est la même pour une conférence qui dure 1h ou une émission de débat politique en prime time. Inutile de dire à quel point il peut être alors compliqué pour la petite conférence d’exister.

Ce n’est pas une question de fond ni de forme. Ce n’est pas le community manager qu’il faut sacrifier. Ce sont simplement des règles d’un algorithme qui nous rappellent une fois n’est pas coutume que si nous sommes des millions à utiliser Twitter, nous restons chez eux, dans leur sphère, avec leurs règles et pour exister il va falloir jouer avec ces règles.

 

Le TT > un graal ?  

Point de jugement de valeur ici. C’est un fait, un constat : les journalistes et les communicants adorent les Trending Topics. Dans ce monde en pleine accélération, l’heure ne peut plus être à la prise de recul et l’analyse. Twitter l’a évidemment bien compris. Ses Trending Topics (Sujets Tendances en français) sont vus comme le reflet des hashtags les plus utilisés pendant un temps donné. Parvenir à figurer dans les TT est pour beaucoup une récompense.

Mais est-ce réellement le cas ? Les hashtags en tendances sont-ils vraiment les sujets les plus abordés à un temps T sur le réseau ?

Un peu de précision…

L’algorithme des tendances est assez simple et en même temps complexe à appréhender pour une personne qui n’a pas les clés. En fait Twitter va faire monter dans ses tendances les hashtags dont la progression est la plus rapide à un moment T ce qui n’est pas tout à fait comme dire que c’est le terme le plus populaire à un moment T !

Mais comme rien ne vaut un bon exemple… En voici un.

Disons qu’il se passe un évènement qui dure 1h et qui a choisi un hashtag.
Environ 200 personnes twittent pendant cette heure et on obtient environ 700 tweets sur le hashtag. Le hashtag n’a jamais été utilisé avant et donc Twitter considère que ce terme a une très forte progression et va l’afficher dans les tendances (si aucun autre terme n’a de progression plus forte que celle-ci).

Pendant le même temps, il y aura peut être 1000 personnes qui parleront de Justin Bieber (car il y a toujours des gens qui parlent de Justin sur Twitter c’est comme ça !). Le nombre de tweets parlant de Justin à ce moment T est cohérent avec la moyenne habituelle donc il n’atteindra pas les tendances.

Si néanmoins il lui arrive quelque chose et qu’il y a un pic avec son nom dans les tweets alors il y reviendra.

C’est ce qui s’est passé par exemple avec le président Chirac quand Christine Boutin a annoncé par erreur son décès. On avait beaucoup parlé de l’ancien président la semaine précédente sur Twitter à cause de son hospitalisation. Son nom a donc mis du temps à arriver dans les tendances lors de l’annonce de sa fausse mort. Les aficionados de la théorie du complot ont même expliqué que c’était parce que François Hollande avait demandé à Twitter de bloquer l’info.

La réalité est toute autre et quand le terme a dépassé les pics de la semaine passée le président est arrivé dans les tendances, juste derrière #Boutin qui les squattait déjà.

Quelques points de compréhension…

Être TT est donc éphémèrePlus on l’est et plus l’algorithme est exigeant. Il demande toujours plus de tweets, de volume, de comptes différents twittant sur le même hashtag. Cela explique pourquoi l’on ne retrouve pas tout en haut, tous les jours certains shows ou chanteurs américains (coucou Justin !)

Un compte tout seul ne peut pas faire émerger en TT un hashtag car c’est le nombre de gens qui twittent qui compte. Il peut en être à la source mais il devra compter sur l’appui d’une armée d’autres comptes, pas forcément de gros comptes d’ailleurs.

Il faut multiplier les tweets en peu de temps pour avoir des chances de faire émerger son hashtag. Plus le volume augmente et plus l’hashtag aura des chances d’apparaître en haut et d’être photographié par l’algorithme Twitter.

Être en TT requiert de la technique et de l’organisation. Il faut par exemple tenir compte du créneau horaire. Il est plus simple d’apparaître dans les TT quand on réalise son événement dans les heures creuses de la journée.

N’oublions pas la concurrence. Lancer une conférence sur la santé connectée un jour de soirée électorale ou un jour de finale de Coupe de France de foot conduit souvent à ne pas parvenir en TT. L’exemple de la soirée consacrée aux primaires de la droite mi-octobre est probant : le nom de chaque candidat était dans les TT. Difficile alors de faire émerger autre chose. Et n’oubliez pas que la social TV est un concurrent de choix. Oui les gens regardent toujours la TV.

L’algorithme demande de la vitesse. Il aime savoir qu’un hashtag va très vite grandir en partant de zéro en un minimum de temps. Plus la vitesse est rapide et mieux le hashtag parviendra dans les TT.

Un indicateur : quand des tweets spams arrivent sur une time line, considérons qu’il s’agit d’un problème de riche. Des robots scannent en effet en temps réel les sujet tendances pour envoyer leur pub. Pas grand chose à faire contre ça malheureusement et Twitter est toujours aussi nul en modération

L’ambition de figurer dans les TT se prépare. Il est nécessaire de bien définir son hashtag, de le communiquer à ses participants potentiels etc… Cette ambition se déploie dans une stratégie de community management faite de contenu et de dissémination mais aussi de conversation, avec les influenceurs notamment (les médias, les twittos intéressant pour son événement qui ont beaucoup de followers etc…).

Il s’encourage également. D’où la multiplication d’idées comme la signalétique sur le lieu de l’événement, les écrans avec Tweetwall, les relais de la part des animateurs, la possibilité d’interaction à distance entre internautes et événement etc…

Par de l’achat de post sponsorisés… Il est possible en payant quelques milliers d’euros de pousser grossièrement un hashtag de manière à le faire remonter en TT

En conclusion, cela explique pourquoi il n’est pas toujours nécessaire d’avoir des dizaines de milliers de tweets pour être en TT et pourquoi certains sujets, certains événements peuvent légitimement arguer du fait d’être en TT. Pour être clairs, en France avec moins de 200 twittos sur un hashtag vous pouvez rester en tendance une matinée si la concurrence n’est pas trop rude à cette heure là.

Et là, vous faîtes un peu la danse de la victoire…

Pourquoi certaines tendances se hissent-elles dans les TT ?

Avec un peu de temps et d’expérience, il parait simple de faire émerger des sujets nauséabonds dans les TT, surtout pour des gens qui ont de grosses communautés ou des armées de robots à disposition… Quand des médias parlent par exemple d’une fachosphère sur Twitter, il semble qu’il ne s’agisse pas de plus de 3000 twittos en France… mais organisés, coordonnés et orchestrés pour faire remonter de manière très rationnelle des mots clés, des attaques. L’algorithme n’a pas d’âme, si tous les curseurs d’un hashtag sont au vert, il remontera comme les autres tout en haut. Et tout en haut, les TT sont le périscope de journalistes, de politiques, de communicants…

Une tendance montre ceci dit, que des contre-attaques sont possibles. Certains groupes s’organisent pour faire remonter des sujets positifs… avec les mêmes armes utilisées par ceux qui remontent des sujets détestables. Les armes de l’algorithme…

Et surtout n’oubliez pas qu’heureusement un événement ou une communication ne dépend pas seulement de ces Trending Topics ! Les pistes de l’événement augmenté sont bien plus riches que cela. Même si le cercle vicieux de la notoriété dépend des médias qui se font souvent l’écho de ce qui apparait dans leur périscope : les TT !

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Article co-rédigé par l’équipe Triple C sous le pilotage d’Eloi Choplin

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